Posterous theme by Cory Watilo

Nous ne serions pas marseillais

Quelques réflexions, tout à fait personnelles, faites en mon nom propre, et qui n'engage évidemment que moi, et certainement pas mon employeur... suite aux différentes invectives publiques sur le parisianisme réel ou supposé de l'équipe de MP2013.

Première question de fond... Comment devient-on marseillais :

- Un droit du sol ?

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarh, j'ai échoué. Je suis né à Grenoble. Mon père est né ici mais cela ne doit pas compter.

Mes grands parents ça compte pas non-plus. Aller au Vélodrome depuis que je suis minot (plus chic que dire gamin) non plus, avoir fait le choix de m'installer ici avec femme et enfants non plus, ni d'avoir mes deux soeurs ici, et mon père, et une flopée de cousins, d'oncles, de tantes, de grands oncles, d'avoir passé toutes les vacances scolaire ici... Tout cela ne compte pas évidemment. Il faudrait peux-être que je porte une flèche jaune pour indiquer que je suis d'origine grenobloise. Bon, j'aime pas le ski ou la neige mais ça compte pas on a dit.

- Un droit du sang ?

VICTOIRE !!! Je suis quand même un sang-mélé, mais je suis qualifié.

J'ai 50% de sang marseillais, mon fils qui est né à Paris à 25% de sang marseillais, et ma fille né à Marseille repasse à 50%. L'honneur est sauf.

Hmmm, que faire de ma femme qui est brésilienne ? Est-ce que je perd des points ?

- Un acte volontaire ?

Mais bon voyons ce serait ridicule. Les gens qui viennent s'installer chez nous viennent juste profiter de nos femmes, du soleil et de nos emplois.

- Une identité de valeurs et de pratiques ?

Ci-dessous un exemple de marseillaise :

Sur ce point, je préfère Cantonna "Etre français est-ce que c'est devoir parler français, chanter la Marseillaise, lire la lettre de Guy Môquet ? Ça c'est être con !" [...] "Je ne dis pas que chanter la Marseillaise c'est être con, mais bâtir tout ça [l'identité] sur ça...", a-t-il précisé.

Si être marseillais c'est aller au vélodrome, boire du pastis, aimer le soleil... on est pas sorti de l'auberge ou du cliché.

Et soit dit en passant, mon grand-père (+85 ans) ne va pas au vélodrome (né ici, élevé ici, de parents nés ici, a vécu ici, travaille ici)... et le foot l'emmerde.

C'est un mauvais/faux marseillais ? Peux-on peut-être tout simplement l'expulser au nord ? Aix peux-être ?

Deuxième question de fond... Est-ce grave de ne pas être marseillais :

- Oui. Evidemment c'est grave, nous sommes la quintessence du monde libre. Tout le monde nous envie.

- Non. Pensée délictuelle, voir criminelle. Etranger, quitte le territoire (surtout si tu es parisien ou lyonnais) : nous doutons que tu puisse avoir une âme.

- Peux-être. C'est insidieux, c'est sournois, c'est malveillant, c'est malsain, mais oui c'est ce qui est dit, écrit et pensé bien souvent, et cela me fatigue...

...pour la statistiques, sur 70 personnes dans l'Association dans laquelle je travaille, il doit bien y avoir près de 60 marseillais (Territoire de Marseille-Provence) ou assimilé (né ici, ou originaire d'ici par leur famille)... Après tout est affaire de critères... et de mauvaise foi.

 

SXSW 2011: The internet is over

Oliver Burkeman went to Texas to the South by Southwest festival of film, music and technology, in search of the next big idea. After three days he found it: the boundary between 'real life' and 'online' has disappeared

Oliver Burkeman
Tuesday March 15 2011
The Guardian

If my grandchildren ever ask me where I was when I realised the internet was over ? they won't, of course, because they'll be too busy playing with the teleportation console ? I'll be able to be quite specific: I was in a Mexican restaurant opposite a cemetery in Austin, Texas, halfway through eating a taco. It was the end of day two of South by Southwest Interactive, the world's highest-profile gathering of geeks and the venture capitalists who love them, and I'd been pursuing a policy of asking those I met, perhaps a little too aggressively, what it was exactly that they did. What is "user experience", really? What the hell is "the gamification of healthcare"? Or "geofencing"? Or "design thinking"? Or "open source government"? What is "content strategy"? No, I mean, like, specifically?

The content strategist across the table took a sip of his orange-coloured cocktail. He looked slightly exasperated. "Well, from one perspective, I guess," he said, "it's kind of everything."

This, for outsiders, is the fundamental obstacle to understanding where technology culture is heading: increasingly, it's about everything. The vaguely intimidating twentysomethings who prowl the corridors of the Austin Convention Centre, juggling coffee cups, iPad 2s and the festival's 330-page schedule of events, are no longer content with transforming that part of your life you spend at your computer, or even on your smartphone. This is not just grandiosity on their part. Rather ? and this is a technological point, but also a philosophical one ? they herald the final disappearance of the boundary between "life online" and "real life", between the physical and the virtual. It thus requires only a small (and hopefully permissible) amount of journalistic hyperbole to suggest that the days of "the internet" as an identifiably separate thing may be behind us. After a few hours at South by Southwest (SXSW), the 330-page programme in my bag started triggering shoulder aches, but to be honest it was a marvel of brevity: after all, the festival was pretty much about everything.

We've been hearing about this moment in digital history since at least 1988, when the Xerox technologist Mark Weiser coined the term "ubiquitous computing" [http://www.ubiq.com/hypertext/weiser/UbiHome.html" title="Ubiquitous Computing">"ubiquitous computing], referring to the point at which devices and systems would become so numerous and pervasive that "technology recedes into the background of our lives". (To be fair, Weiser also called this "the age of calm technology", implying a serenity that the caffeinated, Twitter-distracted masses in Austin this week didn't seem yet to have attained.) And it's almost a decade since annoying tech-marketing types started using "mobile" as an abstract noun, referring to the end of computing as a desktop-only affair. But the arrival of the truly ubiquitous internet is something new, with implications both thrilling and sinister ? and it has a way of rendering many of the questions we've been asking about technology in recent years almost meaningless. Did social media cause the recent Arab uprisings? Is the web distracting us from living? Are online friendships as rich as those offline? When the lines between reality and virtuality dissolve, both sides of such debates are left looking oddly anachronistic. Here, then, is a short tour of where we might be headed instead:

[...]

Lire l'article sur http://www.guardian.co.uk/technology/2011/mar/15/sxsw-2011-internet-online

guardian.co.uk Copyright (c) Guardian News and Media Limited. 2011

Appel à projet pour le 12e Carrefour des Possibles en PACA

Vous innovez dans la façon d’utiliser les technologies numériques ? Vous inventez de nouveaux usages ? Que vous soyez créateur, chercheur, entrepreneur, acteur associatif, acteur public, étudiant, etc… n’hésitez pas à candidater ! 

Votre candidature peut-être une idée, un projet embryonnaire, une phase de prototypage jusqu’au produit en phase de lancement.

Toutes les finalités sont acceptées : économiques, sociales, culturelles, scientifiques...

Tout savoir sur ce 12e Carrefour des Possibles en PACA, et déposer un projet

--- Information que je relaie (je n'organise pas... mais je serais présent !) ---

 

It's the economy, stupid! Retour sur le Numérique.

Au cours d'un déjeuner avec @Rubin et @tinoop où nous parlons des Open Coffee Club marseillais, Rubin pointe à très juste titre après son diner avec Eric Besson (et autres happy few) que l'on oublie souvent le terme d'économie dans Économie Numérique.

Il faut bien comprendre qu'avoir Twitter ou Facebook ne garantit en rien qu'on ai compris quelque chose au numérique, et vice versa. Et encore moins à l'économie numérique ! La compréhension de quelque chose n'est évidement pas réductible à l'expérience qu'on en a : il y a bien des vieux cons... Comme il y a des des "natifs digitaux" qui ont la compréhension avec une expérience quantitativement faible... Je m'égare, ok.

Pour en revenir à l'économie, Internet serait responsable de 25% des emplois crées depuis 1995 (voir l'étude de McKinsey). Je n'en suis ni surpris ni étonné, mais j'aimerais dans l'intérêt supérieur de notre pays que tout le monde, et particulièrement les politiques et les "intellectuels", comprennent ce que cela veux vraiment dire, et ce que cela dit.

Étant au croisement des générations X et Y, et étant moi-même depuis près de 15 ans dans l'Internet, corps et âme, si je peux dire, c'est un vieux sujet pour moi ! Avant ça, déjà dans le numérique, je luttais pour avoir un ordinateur (TO7, Amstrad, Amiga...) en essayant de convaincre avec plus ou moins de succès que le monde, le mien en tous cas, changeait, accélerait, le temps réel allait vite devenir un hypertemps où il était impossible de raisonner en des termes trop spatiaux et linéaires.

Bref, tout cela pour dire que cette étude me fait plaisir, et que je me permets donc d'envoyer mes meilleures salutations à Finkielkraut (voir la vidéo culte), et à tous ceux qui racontent n'importe quoi sur un sujet auquel ils ne comprennent rien.

Et pour conclure :

Et nous, la nouvelle économie comprise comme telle... c'est pour quand ?

Nous sommes légion

Ces enfants habitent donc le virtuel. Les sciences cognitives montrent que l’usage de la toile, lecture ou écriture au pouce des messages, consultation de Wikipedia ou de Facebook, n’excitent pas les mêmes neurones ni les mêmes zones corticales que l’usage du livre, de l’ardoise ou du cahier. Ils peuvent manipuler plusieurs informations à la fois.

“Ils ne connaissent ni n’intègrent ni ne synthétisent comme nous, leurs ascendants. Ils n’ont plus la même tête.

- Par téléphone cellulaire, ils accèdent à toutes personnes ; par GPS, en tous lieux ; par la toile, à tout le savoir ; ils hantent donc un espace topologique de voisinages, alors que nous habitions un espace métrique, référé par des distances. Ils n’habitent plus le même espace.

Sans que nous nous en apercevions, un nouvel humain est né, pendant un intervalle bref, celui qui nous sépare des années soixante-dix. Il ou elle n’a plus le même corps, la même espérance de vie, ne communique plus de la même façon, ne perçoit plus le même monde, ne vit plus dans la même nature, n’habite plus le même espace. Né sous péridurale et de naissance programmée, ne redoute plus, sous soins palliatifs, la même mort. N’ayant plus la même tête que celle de ses parents, il ou elle connaît autrement.

 

Michel Serres

Eduquer au XXIe siècle | LEMONDE.FR | 05.03.11 | Lire l'article en entier (c'est édifiant, et nécessaire !)