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Marseille : ville touristique/patrimoniale ? Ville internationale ? Le temps des choix. #MP2013 #Marseille #MPM

Rencontre intéressante avec @cybernostra et @wishroom (Octobre Numérique / Demoparty) au #Lift11 où nous discutions des opportunité pour 2013, et cela me rappelle à propos qu'aux détours de débats sur la places des Cultures numériques dans la représentation de la culture en général se construit en filigrane un modèle de développement pour notre ville elle-même.

Quel modèle pour Marseille ?

Marseille est souvent comparé à des villes comme Barcelone, ou Gènes : des villes du sud de l'Europe.

Au Sud de la France, au Nord de la méditerranée, Marseille est d'évidence une ville arabe, une ville italienne, une port méditerranéen...

... Mais dans son modèle de développement, dans son modèle de déploiement de son identité qui advient, que devons-nous viser ?

Oui, nous avons un front de mer, une rade, un port exceptionnels qui ne peuvent que plaire aux touristes.

Devons-nous pour autant patrimonialiser notre cité, et en faire une esplanade touristique à ciel ouvert entre soleil et mer ?

Ville d'un certain nord, mon Marseille idéal se rapproche plus d'Helsinki, de Londres ou de Berlin. 

La conquête des friches urbaines, l'appropriation d'un territoire mixte entre nature et urbanité, la création d'équipements bruts sinon brutaux qui installent définitivement notre cité dans un futur-qui-est-déjà-là, les créativités numériques et artistiques qui se croisent et s'accouplent, les innovations sociales, entrepreneuriales, artistiques et culturelles, démoparty, scènes underground, et autres étrangetés.

 

Ce que le Sud attends de nous, c'est bien que puissions assumer d'être au Nord.

 

Juillet 2011 : Marseille se rapproche de la croisée des chemins :

- La métropolisation et la naissance d'un véritable pôle métropolitain pour 2012

- La construction créative de notre Territoire avec Marseille-Provence 2013

- Les élections territoriales et municipales de 2014 (Facebook)

Le temps accélère...

 

 

 

Retour sur le lancement du Social Media Club Marseille : la 5ième fracture numérique #smcMars

Nous organisions le 27 juin dernier une soirée de lancement du Social Media Club Marseille à la Bo[a]te avec comme sujet : "Twitter, le prochain Pulitzer ?"@NZidane@Andre_fournon@philippepujol@pboucaud et @Rubin ont expliqués les enjeux et le quotidien de journalistes "face" à Twitter.

Intéressant, et tout à fait édifiant sur bien des points, et je n'en retiendrais ici qu'une sélection partielle (partiale ?) :

1.) - Certains attendent qu'Internet soit vraiment là, et que les annonceurs s'y investissent.

2.) - Internet, et le web en particulier, est toujours considéré comme un média sur lequel on diffuse l'information i.e. un support

C'est pour moi l'illustration flagrante de ce que j'appellerais la 5ième fracture numérique. Il ne s'agit pas d'une fracture générationnelle, de catégories sociales, d'accès aux réseaux (au haut débit) ou de taux d'équipement, ou encore d'un problème cognitif de traitement des informations mais bien d'une fracture paradigmatique.

@rubin a raison d'insister sur la portée symbolique de la décision du CSA d'interdire l'utilisation des termes Twitter et Facebook à la télévision, c'est même tout à fait symptomatique non pas d'un refus d'acceuillir un nouveau monde qui advient, mais bien de refuser le monde tel qu'il est déjà. Cela me ramène 15 ans en arrière quand Internet emergeait véritablement... mais là nous n'en sommes plus dans cette phase du tout.

Internet n'est plus seulement un support : c'est un lieu. Un vrai lieu. Pas un lieu physique, certes, mais un lieu réel où ils se passent des choses. Penser le contraire revient chaque fois à être bloqué sur une matrice intellectuelle qui oppose le réel au virtuel, alors que le réel s'oppose au fictif.

Internet est déjà là. Les annonceurs sont déjà là : Internet a dépassé la télévision depuis 2007 au Royaume-uni (en volume et en valeur)... C'était il y a 4 ans... Les 25% de la croissance française qui proviennent de la filière Internet en 2010 en France sont quand même significatif. Les chiffres sur ces sujets sont tellement abondants et sans ambiguité...

La 5ième fracture est pour moi un refus de voir la réalité telle qu'elle est.

Ce refus existe dans des pans entiers d'activité en France. Le monde de la culture et des collectivités territoriales par exemple : pour une entité qui a compris, combien sont encore à la traîne ? Le gouvernement a semble-t-il compris cela depuis quelques mois... nous jugerons sur pièce ! Pour le moment, et sur ces dernières années, j'ai surtout vu les patrons du CAC40, et peu les (vrais) entrepreneurs de ce pays (et pas forcémment en entreprise, mais dans tous les domaines y compris non-marchands...).

J'ai encore souvent l'impression d'être un OVNI dans mon travail. Entrepreneur Internet dans une projet institutionnel et culturel, c'est sûr que je l'ai cherché.... Mais quand même, j'ai envie de dire : "Wake up, gals & guys".

Pourquoi parler de fracture paradigmatique ? Car sans repenser les fondements mêmes de ce que nous pensons, et notre manière même de penser... nous sommes collectivement condamnés à l'échec.

Déconstruisons intellectuellement ce qui nous empèche d'avancer, et de voir le monde tel qu'il est déjà.

Sans cela, comment comprendrions nous cela qui va advenir ?

Cette soirée était en ce sens une vraie réussite. La confrontation d'idées, le débat, le partage d'expériences, et sans doute l'écoute, la présence et la motivation d'une soixantaine de personnes contribuent à cette deconstruction qui me semble essentiel. C'est sur cette base que nous construirons notre avenir.