Près de 10 ans après... j'ai payé il y a quelques jours le dernier versement de l'emprunt que j'avais contracté en 2002 pour régler les dettes les plus importantes de Knowscape et du rachat des parts de cette dernière !
Knowscape était la seconde société Internet que j'avais créé avec deux amis à la fin des années 1990. Et il m'a fallu toutes ces années pour en rembourser les dernières traces, il y a quelques mois déjà, j'ai jeté les cartons administratif que j'ai trimballé de NY à Paris... puis à Marseille, d'appartements en appartements, d'année en année, du jeune étudiant en philosophie que j'étais en Sorbonne au papa qui est salarié plus de 6 mois consécutif pour la première fois de sa vie ! J'ai finalement toujours entrepris, et j'ai ainsi tellement appris.
La première leçon la plus brutale sans doute est qu'on est chez soi là où on le souhaite. Voir partir les tours jumelles dans un amas de feu et de poussière fut d'une violence amère et rare (pour moi). Quelques mois après notre départ de NY, le chez-soi que nous avions quittés depuis quelques mois à peine avait cessé d'exister sous la forme et l'esprit que nous lui connaissions. Trois mois après, j'y suis retourné, et la "visite" de Ground Zero fut tout à fait surprenante : tout à fait hagard, je cherchais une partie de moi-même irrémédiablement perdu. Je suis définitivement un peu américain.
La seconde leçon dans la foulée de la première fut que l'égoïsme des uns fait les difficultés des autres. Finalement seul pour tout régler, y compris financièrement, j'ai perdu les quelques illusions que j'aurais pu avoir sur la portée absolue de l'amitié ou des sentiments analogues. Et pourtant, je suis très content, sinon très fier, de n'en ressentir aucun ressentiment ni animosité.
Après tout : à quoi bon ?
J'ai été planté là, j'ai géré, je m'en suis sorti, j'ai été réglo. J'ai même essayé de comprendre, et de revenir en arrière pour m'excuser des erreurs ou des incompréhensions que j'avais pu connaitre ou créer. Nous étions trois ; deux d'entre nous "se sont expliqués". Aucun regret, ni aucun remord. Pour le reste, chacun, en dernière instance, ne peut être responsable que de son propre parcours.
Enfin, la dernière leçon de cette grande dispersion est qu'elle s'est achevée rapidement pour céder la place à de belles années de philosophie où j'ai clôturé, pour ainsi dire, ma vie philosophique, "faisant voeu de pauvreté en matière de connaissances" (i.e. d'érudition), de réforme de mon entendement avec Husserl, et d'édification avec Derrida... et puis, j'ai rencontré ma future femme... et aujourd'hui mère de mes enfants...
Alors, à tout prendre, je recommencerais dès demain matin s'il le fallait !
Tout est bien pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.
PS : et j'ai créé d'autres sociétés depuis 2003 ^^.
PS 2 : bon, je précise que c'était une "petite" dette, on ne parle pas de millions mais de 190€/mois après un différé de trois ans)
PS 3 : une amie m'a fait remarquer à juste titre que je passais trop facilement du particulier à l'universel. Ce n'est pas faux. Après tout, si un ami fait n'importe quoi cela ne veut pas dire que l'amitié n'existe pas absolument mais plus simplement que cet ami n'en était pas absolument un. CQFD.
Nous attendons quelques centaines de personnes à La Cité des Arts de la Rue. Que le café soit avec nous. Longue journée qui ne fait qu’en suivre et en annoncer d’autres. Nouveau site, nouveau logo, nouveau dossier de presse disponibles dès cet après-midi.